Décès d’André Barnoin

, par  Chôm’Actif , popularité : 34%
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Heureux celui qui s’endort dans l’accomplissement de son vice
Je ferai de ma mort mon chef-d’œuvre un chef-d’œuvre d’avarice
J’entrerai dans la nuit comme un homme en plein émerveillement
Et qu’on ne vienne pas dire après que je n’ai pas su comment
Il ne s’est pas vu partir Ma vie est une maison de verre
Et je ferai de ma mort comme j’ai fait l’amour les yeux ouverts
Ah ce n’est pas d’hier que je la vois venir à mes devants
Je veux la voir et de mes derniers doigts toucher ton bras vivant
Comme celui qui n’a que la force d’arriver à la cime
Trouve ses derniers pas dans ses genoux et roule dans l’abîme
Et si ce n’est pour aucun dieu que ce devoir est accompli
Il n’en a pas moins atteint cette cime ou son cœur s’abolit
Louis Aragon « Elsa »
Texte choisi par Jean-Paul Baratin


Dédé vient d’être emporté à 76 ans par la fatigue, le combat incessant contre l’injustice et ce foutu Coronavirus. Il était un militant hors pair, un pilier de notre Mouvement National des Chômeurs et Précaires. Nous n’entendrons plus sa voie expressive, nous ne verrons plus son sourire, ses yeux pétillants de malice, qui parfois se fermaient d’épuisement. Sa passion pour la défense des droits des personnes, des sans toits, des sans travail, des sans revenus justifiaient ses colères non violentes, sa glaive était sa plume et son parchemin ; ses dessins resteront indélébiles dans la mémoire des militants et de tous ceux qui l’ont rencontré. Dédé était un militant doté d’une vision politique attentionnée avec son désir insatiable de vouloir changer le monde.

Il restera fort dans nos pensées et nos cœurs.
c’était notre camarade, notre ami, notre frère.

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